Reprise d’entreprise : quand le courage d’innover rencontre le soutien des prédécesseurs

Un facteur clé de la pérennité d’une entreprise, c’est la relève. Jean-Luc Bellemare, coprésident du Groupe Bellemare, a livré un témoignage passionnant dans le cadre du G500 de 2021 qui abordait le thème « Décider avec courage, audace et justesse! » Jean-Luc y  a présenté les ingrédients qui ont couronné de succès sa reprise d’entreprise.

Quand le courage de concrétiser sa vision rencontre celui de suivre la vision de la relève

Quand Jean-Luc est arrivé dans l’entreprise familiale – fondée par son grand-père en 1959, puis reprise par son père et ses oncles – il a été immédiatement lancé dans l’arène du transport hors-norme spécialisé. On lui a remis les rênes de la division, une tape dans le dos et un « bonne chance »! Comme plusieurs entrepreneur∙e∙s, il a dû miser sur son courage et affermir sa confiance pour trouver ses repères, puis concrétiser sa vision.

Son idée audacieuse? Développer la branche de transport hors-norme au-delà de sa région, puis des frontières québécoises, en misant sur le transport d’éoliennes. S’investir dans un domaine encore peu exploré à l’époque et avec une importante concurrence américaine, ça a pris du cran! Presque autant, selon lui, que de convaincre les anciennes générations de l’entreprise de s’engager dans sa vision. Après seulement deux ans d’expérience au sein de l’équipe de direction, demander la liberté d’entreprendre a pris beaucoup d’audace (ou du front tout le tour de la tête,  selon Jean-Luc!).

« J’avais dit à mon père que j’avais le goût d’entreprendre, de la croissance et de nous exporter; et que si je n’avais pas les coudées franches et que je ne pouvais pas le faire  dans l’entreprise familiale, j’irais le faire à l’extérieur. […] Être un entrepreneur audacieux, ça prend une dose d’arrogance.

Pour le fier représentant de la 3e génération des Bellemare, le secret pour une reprise couronnée de succès, c’est la confiance. En soi et en sa vision; mais aussi en la relève. La clé a été de communiquer clairement ses ambitions. Son père, conscient de ses ambitions, a ainsi  su lui ouvrir la voie pour innover tout en étant présent pour lui apporter du support. L’entreprise est passée de 75 employé∙e∙s à plus de 550 aujourd’hui.

Les facteurs de succès : dire oui, y aller, essayer, explorer, trouver une solution puis développer.  C’est foncer en équipe. L’avenir est dans l’acceptation des risques. Puis, la reprise de la société familiale et la concrétisation de sa vision ont réussi grâce à l’ouverture de son père qui a eu le courage de laisser sa relève prendre les devants.

Préparer la 4e génération

Ainsi, même si ce n’est pas pour tout de suite, Jean-Luc a déjà commencé à former la prochaine génération de la relève selon un concept novateur. Après avoir vécu lui-même un processus de transfert qu’il a trouvé trop accéléré, Jean-Luc a préféré anticiper en prenant la décision de rallonger le processus  de transmission à 10 ans. Il y a intégré des relèves de la famille, mais aussi d’employés clés. « Certains releveurs sont dans la vingtaine, mais certains sont plus âgés que nous! Notre volonté seraient que les releveurs soient issus de plusieurs générations pour s’épauler l’un l’autre de compétences complémentaires.»          

Aujourd’hui,  mon devoir c’est d’être celui qui va donner au suivant , à la 4e génération, qui va l’outiller pour qu’elle fasse le bout de chemin qu’elle a à faire. Au final, mon rôle sera de m’effacer, d’aller à l’arrière et d’appuyer. De ne plus être celui qui décide, mais d’être celui qui approuve, félicite et qui donne la tape dans le dos!

Comme son père avant lui.