Comment rendre son équipe plus autonome grâce à des objectifs clairs 

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À quel moment un·e chef·fe de PME devient-il le principal frein à la croissance de sa propre entreprise? Cette réalité s’installe souvent progressivement : les décisions s’accumulent, les problèmes remontent et, peu à peu, tout finit par passer par la même personne. 

Pour sortir de cette dynamique, déléguer ne suffit pas. Il faut créer les conditions qui permettent à l’équipe de prendre réellement le relais. 

Marie-Michelle St-Pierre, PDG de Manunor et membre d’EntreChefs PME, a fait cette transition au fil de la croissance de sa PME. Son expérience lui a permis de constater que la confiance ne se décrète pas au moment de déléguer. Elle se construit progressivement, lorsque les objectifs sont clairs, que chacun sait ce qu’il doit porter et que les suivis permettent d’avancer sans que la direction ait à intervenir constamment. 

Son parcours fait directement écho à la question qui sera au cœur de nos prochains Forums régionaux : comment amplifier la maturité de son équipe pour diriger sans s’épuiser? 

Une vision de l’autonomie forgée par l’expérience

Issue d’une famille entrepreneuriale, Marie-Michelle St-Pierre a choisi de tracer son propre chemin en étudiant en ingénierie à l’Université de Sherbrooke. Ce parcours lui a permis de découvrir de l’intérieur des entreprises manufacturières de tailles et de structures très différentes, mais surtout d’observer plusieurs façons de travailler et de gérer. Peu à peu, elle a ainsi précisé sa propre vision de l’entreprise qu’elle souhaitait un jour diriger.  

Passer à l’action pour faire grandir l’autonomie de l’équipe 

Une fois à la direction générale de l’entreprise familiale en 2025, toutefois, cette vision restait à concrétiser. L’organisation demeurait encore dépendante de ses gestionnaires et plusieurs décisions ou problèmes remontaient vers les mêmes personnes. Une façon de fonctionner qui risquait, selon elle, de devenir un frein à la croissance. 

« Tu deviens la limite de ton entreprise », a-t-elle souligné lors de notre échange.  

Avec son comité de direction, Marie-Michelle St-Pierre a donc entrepris de faire évoluer cette dynamique. Elle a notamment mis en place un Daily Management System (DMS) pour donner un cadre concret à cette volonté d’autonomie. Des objectifs clairs, des rôles et responsabilités bien définis et des suivis réguliers ont progressivement permis à chacun·e de mieux savoir où aller et de prendre davantage en charge son champ de responsabilités.  

L’objectif n’était pas simplement que la direction intervienne moins. Il s’agissait surtout de créer les conditions pour que l’équipe puisse avancer sans avoir constamment besoin de se tourner vers elle. Car lorsque tout doit être approuvé, vérifié ou réglé au même endroit, l’entreprise finit par avancer au rythme de la capacité de ses dirigeant·e·s à tout gérer. 

À l’inverse, chaque personne qui devient capable de porter pleinement ses responsabilités augmente la capacité de toute l’organisation. Faire grandir l’autonomie de l’équipe devient ainsi un véritable levier de croissance : l’entreprise peut aller plus loin, sans que tout repose sur la direction. 

Des objectifs clairs pour faire grandir la confiance 

Pour Marie-Michelle St-Pierre, déléguer ne commence pas par un simple acte de confiance. 

« C’est la clarté des objectifs, la clarté des buts », a-t-elle expliqué lors de notre entrevue.  

Une personne peut difficilement prendre de bonnes décisions si elle ne sait pas précisément où elle doit aller. Les grandes orientations de l’entreprise doivent donc se traduire en objectifs concrets, adaptés aux responsabilités de chacun·e.  

Marie-Michelle compare cette logique à un trajet en voiture : avant de laisser quelqu’un choisir son chemin, encore faut-il lui donner une destination précise.  

Une fois cette destination claire, l’autonomie peut se construire progressivement grâce aux suivis. On peut commencer par un objectif à court terme, faire le point au moment convenu, puis ajuster le niveau de responsabilité à mesure que la personne démontre sa capacité à avancer. 

Quand l’équipe avance sans dépendre de la direction 

Avec le temps, Marie-Michelle St-Pierre a vu cette autonomie se concrétiser chez Manunor. Elle se souvient notamment d’un problème important avec une machine en production. Lorsqu’elle en a entendu parler environ une semaine plus tard, l’équipe avait déjà réglé la situation, pris les décisions nécessaires et coordonné la communication avec les autres départements afin d’éviter des répercussions chez les clients.  

Le problème n’avait pas disparu. Il n’avait simplement plus besoin de remonter jusqu’à elle pour être résolu.  

Cette transformation ne s’est pas faite du jour au lendemain. Selon elle, il aura fallu environ cinq ans pour que cette culture axée sur la responsabilisation s’ancre véritablement dans l’entreprise. Aujourd’hui, les bénéfices vont bien au-delà de la délégation : cette évolution lui permet de prendre du recul et de consacrer davantage de temps et d’énergie aux enjeux stratégiques.  

Son expérience montre finalement que la confiance n’a pas nécessairement besoin de précéder la délégation. Elle peut se construire avec elle, lorsque les objectifs sont clairs, que les responsabilités sont comprises et que les suivis permettent à chacun·e de progresser. 

Comment diriger sans s’épuiser? 

C’est justement à cette question que nous tenterons de répondre lors des Forums régionaux d’EntreChefs PME, qui se tiendront du 7 octobre au 26 novembre dans plusieurs villes du Québec, ainsi qu’en Suisse et en Belgique en février. 

Sous le thème « Amplifier la maturité de son équipe pour diriger sans s’épuiser », ces rencontres permettront aux chef·fe·s de PME de prendre du recul sur leur propre façon de diriger et d’échanger autour de défis bien concrets.